{"id":6945,"date":"2025-10-28T15:31:21","date_gmt":"2025-10-28T12:31:21","guid":{"rendered":"https:\/\/mediapast.am\/?p=6945"},"modified":"2025-10-28T15:31:21","modified_gmt":"2025-10-28T12:31:21","slug":"sa-voix-etait-un-murmure-a-peine-audible-ses-paroles-glacaient-le-sang-de-son-voisin-48-heures-plus-tard-la-police-defoncait-la-porte","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mediapast.am\/?p=6945","title":{"rendered":"Sa voix \u00e9tait un murmure \u00e0 peine audible. Ses paroles gla\u00e7aient le sang de son voisin. 48 heures plus tard, la police d\u00e9fon\u00e7ait la porte."},"content":{"rendered":"<p>Les g\u00e9missements ne se sont pas fait entendre\u00a0; ils ont d\u00e9chir\u00e9 le silence de 1\u00a0heure du matin, un son si violent qu\u2019il semblait d\u00e9chirer la qui\u00e9tude du quartier. Des lumi\u00e8res rouges et bleues, saccad\u00e9es et fr\u00e9n\u00e9tiques, fendent les fa\u00e7ades p\u00e2les des maisons, chassant des ombres qui dansent comme des d\u00e9mons sur les stores bris\u00e9s de la maison grise.<\/p>\n<p>J\u2019\u00e9tais sur mon porche, \u00e0 genoux. Mes bras \u00e9taient si serr\u00e9s autour du petit gar\u00e7on sur mes genoux que j\u2019ai cru le briser, mais je ne pouvais pas le l\u00e2cher. Je ne le ferais pas. Sa peau \u00e9tait fra\u00eeche et humide contre ma poitrine, et son souffle \u00e9tait saccad\u00e9 et terrifi\u00e9, haletant jusqu\u2019\u00e0 me serrer la gorge.<\/p>\n<p>Il \u00e9tait si petit. Trop petit. Quelque part derri\u00e8re moi, une voix \u2013 celle de l&#8217;agent Menddees, j&#8217;apprendrais plus tard \u2013 aboyait des instructions dans une radio, aigu\u00eb et pressante. J&#8217;ai vu Mlle Benson, la femme de l&#8217;aide sociale \u00e0 l&#8217;enfance, sortir de cette maison grise. Elle n&#8217;\u00e9tait pas les mains vides. Elle portait une petite fille tremblante, Ava. Mais je n&#8217;ai presque rien entendu. Mon monde s&#8217;\u00e9tait r\u00e9duit \u00e0 l&#8217;enfant tremblante dans mes bras.<\/p>\n<p>Tout ce que j&#8217;entendais, tout ce qui comptait au monde, c&#8217;\u00e9tait la voix douce et \u00e9touff\u00e9e press\u00e9e contre le col de ma robe de chambre.<\/p>\n<p>\u00ab Tu m&#8217;as cru. \u00bb<\/p>\n<p>Et pour la premi\u00e8re fois depuis ce qui m&#8217;a sembl\u00e9 une \u00e9ternit\u00e9, j&#8217;ai pleur\u00e9. Ni de peur, ni de culpabilit\u00e9 qui me rongeait depuis deux jours. C&#8217;\u00e9tait un soulagement silencieux, profond, si lourd qu&#8217;il ressemblait \u00e0 du chagrin.<\/p>\n<p>Tout avait commenc\u00e9 48 heures plus t\u00f4t. \u00c0 une \u00e9poque o\u00f9 le quartier ne ressemblait en rien \u00e0 une sc\u00e8ne de crime.<\/p>\n<p>Le soleil \u00e9tait \u00e9pais et dor\u00e9, ce genre de lumi\u00e8re lourde et chaude qui se r\u00e9pand sur les toits et vous fait croire que rien de mal ne peut arriver. Les v\u00e9los des enfants gisaient renvers\u00e9s dans les all\u00e9es comme des jouets oubli\u00e9s. Le bourdonnement lointain d&#8217;une tondeuse \u00e0 gazon \u00e9tait le son le plus fort dans la rue.<\/p>\n<p>J&#8217;\u00e9tais \u00e0 genoux, juste \u00e0 la limite de mon jardin, en train de tailler mes rosiers. C&#8217;\u00e9tait mon rituel du mercredi. Mes mains, prot\u00e9g\u00e9es par de vieux gants de cuir, se d\u00e9pla\u00e7aient automatiquement, coupant les feuilles fan\u00e9es, perdues dans le rythme. Les fleurs \u00e9taient ma th\u00e9rapie. Elles m&#8217;assuraient tranquillement que la vie pouvait, et trouverait, un moyen de pousser, m\u00eame dans un sol craquel\u00e9 et sec. L&#8217;air sentait la terre humide et la l\u00e9g\u00e8re odeur chlor\u00e9e du tuyau d&#8217;arrosage.<\/p>\n<p>Je ne l&#8217;ai pas entendu au d\u00e9but. Ce n&#8217;\u00e9tait qu&#8217;un scintillement, un minuscule mouvement au coin de l&#8217;\u0153il.<\/p>\n<p>Quelque chose d&#8217;infime. Quelque chose de bleu.<\/p>\n<p>C&#8217;\u00e9tait flou derri\u00e8re la cl\u00f4ture en fer noir qui s\u00e9parait mon jardin de celui d&#8217;\u00e0 c\u00f4t\u00e9. La maison grise.<\/p>\n<p>Je levai les yeux et \u00e9cartai une m\u00e8che de cheveux de mon visage d&#8217;un avant-bras sale.<\/p>\n<p>Il \u00e9tait de nouveau l\u00e0. Owen. Le petit gar\u00e7on de la maison grise.<\/p>\n<p>Il se tenait \u00e0 moiti\u00e9 dans l&#8217;ombre derri\u00e8re un bosquet de haies envahissantes, si parfaitement immobile qu&#8217;il aurait pu \u00eatre un ornement de jardin. Son t-shirt bleu trop grand lui collait au corps comme une peau emprunt\u00e9e, les manches pendaient bien au-del\u00e0 de ses poignets osseux. Son visage \u00e9tait p\u00e2le, d&#8217;une couleur translucide et cireuse, et tellement plus maigre que la derni\u00e8re fois que je l&#8217;avais vu, il y a peut-\u00eatre une semaine.<\/p>\n<p>Il n&#8217;avait pas dit un mot non plus. Il avait juste\u2026 regard\u00e9 fixement.<\/p>\n<p>J&#8217;enlevai mes gants, mon c\u0153ur faisant un bond \u00e9trange et inhabituel.<\/p>\n<p>\u00ab Mijo \u00bb, dis-je doucement, en utilisant le nom que j&#8217;appelais tous les enfants. \u00ab \u00c7a va, l\u00e0-bas, mon ch\u00e9ri ? \u00bb<\/p>\n<p>Le gar\u00e7on tressaillit. Il ne fit pas que sursauter ; Il tressaillit, son petit corps se balan\u00e7ant brusquement en arri\u00e8re comme si quelqu&#8217;un avait touch\u00e9 sa peau avec un fil \u00e9lectrique. Ses yeux noisette, d\u00e9j\u00e0 trop grands pour son visage minuscule, s&#8217;\u00e9carquill\u00e8rent de panique. Ils fil\u00e8rent \u00e0 gauche, puis \u00e0 droite, puis se fix\u00e8rent sur la fen\u00eatre de la maison derri\u00e8re lui.<\/p>\n<p>Je suivis son regard. Un rideau beige tressauta. L&#8217;espace d&#8217;une seconde.<\/p>\n<p>Je vis la gorge du gar\u00e7on se contracter, une d\u00e9glutition s\u00e8che et douloureuse.<\/p>\n<p>Quand il parla enfin, sa voix \u00e9tait rauque. Elle \u00e9tait faible, s\u00e8che, sous-utilis\u00e9e. C&#8217;\u00e9tait le bruit d&#8217;une cl\u00e9 qui rouille dans une serrure.<\/p>\n<p>\u00ab Elle nous enferme au sous-sol. \u00bb<\/p>\n<p>Le monde ne ralentit pas. Il s&#8217;arr\u00eata net. Le bourdonnement des arroseurs automatiques en bas de la rue, la tondeuse \u00e0 gazon au loin, le chant des oiseaux sur la cl\u00f4ture\u2026 tout avait disparu. Je ne respirai plus. Je ne clignai pas des yeux. Les mots rest\u00e8rent suspendus dans l&#8217;air chaud et ensoleill\u00e9, une cicatrice sombre et lourde qui n&#8217;attendait que de s&#8217;assombrir.<\/p>\n<p>Il continua, d&#8217;une voix si basse que je dus me pencher, cherchant \u00e0 l&#8217;entendre par-dessus le bruissement des feuilles. \u00ab Quand on casse des choses. Ou\u2026 ou qu&#8217;on pleure trop. \u00bb<\/p>\n<p>Mon estomac ne se retourna pas. Il se serra, froid et acerbe. Mes doigts se crisp\u00e8rent sur la barre de la cl\u00f4ture en fer jusqu&#8217;\u00e0 ce que mes jointures blanchissent, mais je m&#8217;effor\u00e7ai de rester doux, mesur\u00e9. \u00ab Est-ce que ta m\u00e8re fait \u00e7a, ma puce ? Est-ce que Chlo\u00e9 fait \u00e7a ? \u00bb<\/p>\n<p>Une planche craqua sur le porche derri\u00e8re lui. Une ombre, grande et adulte, passa derri\u00e8re la fen\u00eatre du couloir.<\/p>\n<p>Le corps du gar\u00e7on se raidit. Il recula d&#8217;un pas, puis d&#8217;un autre. Il tr\u00e9bucha sur l&#8217;herbe in\u00e9gale, et en tombant, sa chemise trop grande se souleva juste assez.<\/p>\n<p>Je la vis.<\/p>\n<p>Ce n&#8217;\u00e9tait pas un bleu r\u00e9cent. C&#8217;\u00e9tait une l\u00e9g\u00e8re bande jaune-violet qui entourait sa taille, comme si quelqu&#8217;un l&#8217;avait trop serr\u00e9. Ou trop souvent.<\/p>\n<p>Il se releva pr\u00e9cipitamment.<\/p>\n<p>Ses yeux \u00e9taient hagards, une terreur bien trop ancienne pour son visage.<\/p>\n<p>\u00ab Ne le dis pas \u00bb, murmura-t-il, et les larmes qui mena\u00e7aient de couler dans ses yeux ne coul\u00e8rent pas. Il les refoula. \u00ab S&#8217;il te pla\u00eet. Elle dit\u2026 elle dit que si on le dit, les punitions seront plus s\u00e9v\u00e8res. \u00bb<\/p>\n<p>Et d&#8217;un coup, il disparut. Il courut, pieds nus silencieux sur l&#8217;herbe, et disparut par la porte de derri\u00e8re. La porte claqua.<\/p>\n<p>Je restai immobile, agenouill\u00e9e dans la poussi\u00e8re. La seule chose qui trahissait la panique qui montait dans ma poitrine \u00e9tait ma respiration. Elle \u00e9tait lente. Irr\u00e9guli\u00e8re. Je fixai l&#8217;endroit o\u00f9 il se tenait. Je fixai la cl\u00f4ture. Je fixai le rideau, maintenant compl\u00e8tement tir\u00e9.<\/p>\n<p>La maison n&#8217;avait rien de sinistre. De l&#8217;ext\u00e9rieur. La pelouse \u00e9tait tondue, les fen\u00eatres \u00e9taient propres. Mais en la regardant attentivement, je vis des choses que j&#8217;avais ignor\u00e9es auparavant. Les stores n&#8217;\u00e9taient jamais ouverts. Pas seulement ferm\u00e9s, mais inclin\u00e9s, tous. La bo\u00eete aux lettres, pr\u00e8s du trottoir, \u00e9tait profond\u00e9ment enfonc\u00e9e, comme si quelqu&#8217;un l&#8217;avait frapp\u00e9e d&#8217;un coup de poing. La lumi\u00e8re du porche, m\u00eame en plein jour, vacillait, comme si elle h\u00e9sitait \u00e0 rester allum\u00e9e.<\/p>\n<p>Et le silence. Ce n&#8217;\u00e9tait pas un silence paisible. C&#8217;\u00e9tait le vide. Aucun rire ne sortait jamais de cette maison. Pas de musique, pas de t\u00e9l\u00e9vision, pas de dispute. Juste\u2026 rien. Une absence de vie.<\/p>\n<p>Mon regard se porta sur le jardin. Pas de jouets. Pas de dessins \u00e0 la craie dans l&#8217;all\u00e9e. Pas de v\u00e9los. Il n&#8217;y avait qu&#8217;un seau en plastique renvers\u00e9, rempli d&#8217;eau de pluie stagnante et feuillue. Pas de balan\u00e7oire, pas de ballon, rien qui puisse indiquer qu&#8217;un enfant y vivait r\u00e9ellement.<\/p>\n<p>J&#8217;ai press\u00e9 ma paume contre ma poitrine, essayant de calmer mon c\u0153ur qui battait fort. La voix de mon fr\u00e8re r\u00e9sonnait dans ma t\u00eate, aussi claire que s&#8217;il se tenait \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de moi. Miguel. Un policier. Sa voix d&#8217;il y a trois ans, apr\u00e8s sa derni\u00e8re affaire de maltraitance infantile, un enfant de cinq ans retrouv\u00e9 dans un placard. \u00ab Il y a toujours des signes, Rosa \u00bb, avait-il dit, les mains tremblantes, sa tasse \u00e0 caf\u00e9 \u00e0 la main. \u00ab Il suffit de savoir regarder. \u00bb<\/p>\n<p>Je l&#8217;avais vu. Je l&#8217;avais entendu. Et ne rien faire n&#8217;\u00e9tait pas envisageable.<\/p>\n<p>Le lendemain matin, j&#8217;\u00e9tais dans ma cuisine, mais je n&#8217;\u00e9tais pas l\u00e0. Je fixais une tasse de caf\u00e9 refroidie, une tasse bleue avec des marguerites peintes sur le bord. Dehors, la rue \u00e9tait comme toujours endormie. Je faisais les cent pas depuis l&#8217;aube. Mon tablier \u00e9tait toujours sur moi, tachet\u00e9 de farine. Mes cheveux \u00e9taient trop serr\u00e9s, me tirant les tempes.<\/p>\n<p>Toutes les deux ou trois minutes, je jetais un coup d&#8217;\u0153il par la fen\u00eatre \u00e0 la maison grise. Aucun mouvement. Juste le m\u00eame rideau, l\u00e9g\u00e8rement de travers.<\/p>\n<p>J&#8217;ai de nouveau attrap\u00e9 le saladier. Des cookies. Des p\u00e9pites de chocolat. Tout le monde accepte les cookies, non ? C&#8217;est normal. C&#8217;est bon voisinage. C&#8217;est une excuse.<\/p>\n<p>La p\u00e2te ne se tenait pas bien. Elle s&#8217;accrochait \u00e0 la cuill\u00e8re comme si elle ne voulait pas partir. J&#8217;ai laiss\u00e9 tomber des boules de p\u00e2te sur la plaque de cuisson. Le four a bip\u00e9, trop fort dans la cuisine silencieuse. L&#8217;odeur de sucre glace et de vanille aurait d\u00fb \u00eatre r\u00e9confortante. Ce ne fut pas le cas. \u00c7a sentait le mensonge.<\/p>\n<p>Une fois cuites \u2013 trop dor\u00e9es sur les bords, je les avais laiss\u00e9es trop longtemps \u2013 je les ai quand m\u00eame servies dans l&#8217;assiette.<\/p>\n<p>Vingt pas. C&#8217;\u00e9tait tout. Vingt pas de ma porte d&#8217;entr\u00e9e \u00e0 la leur. Mais chaque pas faisait trembler l&#8217;assiette dans mes mains. Le portail est fissur\u00e9. La bo\u00eete aux lettres caboss\u00e9e me fixait. J&#8217;ai gravi les trois marches jusqu&#8217;\u00e0 leur porche, j&#8217;ai pris une inspiration et j&#8217;ai sonn\u00e9.<\/p>\n<p>La cloche a sonn\u00e9. Un son clair, joyeux, d&#8217;une normalit\u00e9 \u00e9c\u0153urante. Puis, le silence.<\/p>\n<p>Une seconde. Deux. Cinq.<\/p>\n<p>J&#8217;ai entendu des pas. La porte s&#8217;est ouverte.<\/p>\n<p>Une femme se tenait l\u00e0. Chlo\u00e9. Cheveux blonds, robe \u00e0 fleurs. Et un sourire. Un sourire trop large, trop \u00e9clatant, qui ne touchait pas ses yeux.<\/p>\n<p>\u00ab \u2026Oui ? \u00bb<\/p>\n<p>Mon propre sourire \u00e9tait fragile, comme s&#8217;il allait se fissurer et dispara\u00eetre de mon visage. \u00ab Salut. Je suis Rosa, je suis d&#8217;\u00e0 c\u00f4t\u00e9. J&#8217;ai, euh, fait des cookies. \u00bb<\/p>\n<p>Derri\u00e8re elle, l&#8217;espace d&#8217;une seconde, j&#8217;ai aper\u00e7u un t-shirt bleu. Owen. Son visage \u00e9tait devenu tout p\u00e2le.<\/p>\n<p>Elle regarda autour d&#8217;elle, ses mouvements rapides et furtifs. Puis elle sortit, pieds nus, traversant la petite cour. Elle ne courut pas. Elle marcha calmement, r\u00e9solument. Elle atteignit ma bo\u00eete aux lettres, y glissa l&#8217;enveloppe et se retourna.<\/p>\n<p>Ses yeux crois\u00e8rent les miens par-del\u00e0 les deux m\u00e8tres. Un instant bref, \u00e9ternel. Puis elle disparut \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur de la maison.<\/p>\n<p>Je restai fig\u00e9e. Je comptai jusqu&#8217;\u00e0 cinq. Je me dirigeai vers ma bo\u00eete aux lettres.<\/p>\n<p>\u00c0 l&#8217;int\u00e9rieur se trouvait un cahier pli\u00e9. L&#8217;\u00e9criture \u00e9tait celle d&#8217;un enfant, froiss\u00e9e et irr\u00e9guli\u00e8re.<\/p>\n<p>\u00ab Il est de nouveau enferm\u00e9 dans le noir. Elle dit : \u201cC&#8217;est pour toujours cette fois.\u201d \u00c0 l&#8217;aide, s&#8217;il vous pla\u00eet. \u00bb<\/p>\n<p>Le papier me glissa des doigts. Je ne le ramassai pas. Je me retournai, retournai \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur et composai le num\u00e9ro de Miguel.<\/p>\n<p>\u00ab Ils d\u00e9m\u00e9nagent \u00bb, dit-il d&#8217;une voix basse et pressante. \u00ab J&#8217;ai tout class\u00e9. Ton enregistrement, la lettre. C&#8217;est une affaire prioritaire. Une unit\u00e9 est en route. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Ce soir ? \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Ce soir. Une simple v\u00e9rification de s\u00e9curit\u00e9 sociale, mais j&#8217;ai une patrouille assign\u00e9e \u00e0 intervenir. Si quelque chose vous semble anormal, nous pouvons intervenir. \u00bb<\/p>\n<p>Alors que le soleil disparaissait derri\u00e8re les arbres, une berline quelconque s&#8217;est arr\u00eat\u00e9e. Les services de protection de l&#8217;enfance. Une femme avec un presse-papiers. Puis, un deuxi\u00e8me v\u00e9hicule. Une patrouille arborant un logo. Deux agents.<\/p>\n<p>J&#8217;ai retenu mon souffle.<\/p>\n<p>L&#8217;un d&#8217;eux a sonn\u00e9. La porte s&#8217;est ouverte. Chlo\u00e9. Sa posture \u00e9tait raide. Je l&#8217;ai vue sourire. Je l&#8217;ai vue hocher la t\u00eate.<\/p>\n<p>Je l&#8217;ai vue les laisser entrer.<\/p>\n<p>J&#8217;ai eu un pincement au c\u0153ur. C&#8217;\u00e9tait une h\u00f4tesse polie. Elle coop\u00e9rait.<\/p>\n<p>Les minutes ont pass\u00e9. Dix. Quinze. On aurait dit des heures.<\/p>\n<p>Puis, la porte s&#8217;est rouverte. L&#8217;agent des services de protection de l&#8217;enfance est sorti, toujours en train de prendre des notes. Les agents ont suivi, saluant poliment Chlo\u00e9 de la t\u00eate.<\/p>\n<p>Ils n&#8217;avaient rien trouv\u00e9.<\/p>\n<p>Ils ne l&#8217;avaient pas vu.<\/p>\n<p>Je suis rest\u00e9 sur mon porche pendant que les voitures s&#8217;\u00e9loignaient. Chlo\u00e9 resta un instant sur le seuil, un l\u00e9ger sourire triomphant aux l\u00e8vres. Puis elle se retourna et la porte se referma. Le son r\u00e9sonna comme un verdict.<\/p>\n<p>Ils \u00e9taient partis. Et les enfants \u00e9taient toujours l\u00e0.<\/p>\n<p>Je m&#8217;assis sur les marches de ma v\u00e9randa, les jambes trop faibles pour me porter. La terreur qui montait \u00e9tait froide et am\u00e8re. Tu avais tort. Tu as fait une erreur.<\/p>\n<p>Ou pire. Tu avais raison. Et ils s&#8217;en fichaient.<\/p>\n<p>Je pensai \u00e0 Owen. Je pensai \u00e0 Ava. Je pensai au mot, toujours serr\u00e9 dans ma main. \u00ab Elle dit que c&#8217;est pour toujours cette fois. \u00bb<\/p>\n<p>Je rentrai et m&#8217;assis sur mon canap\u00e9, enroulant une couverture autour de mes \u00e9paules comme une armure. Je ne pleurai pas. Je restai assise dans le noir, la culpabilit\u00e9 s&#8217;abattant sur moi comme de la poussi\u00e8re. J&#8217;avais \u00e9chou\u00e9. J&#8217;avais vu l&#8217;espoir dans leurs yeux, et je ne leur avais accord\u00e9 que le silence. Ce que j&#8217;avais jur\u00e9 de ne jamais r\u00e9p\u00e9ter.<\/p>\n<p>Le lendemain matin, j&#8217;\u00e9tais un fant\u00f4me, errant dans ma cuisine, les yeux secs et douloureux. Je n&#8217;avais pas dormi.<\/p>\n<p>On frappa doucement \u00e0 la porte d&#8217;entr\u00e9e.<\/p>\n<p>Je me figeai. Je n&#8217;attendais personne.<\/p>\n<p>J&#8217;ouvris la porte. Il n&#8217;y avait personne.<\/p>\n<p>Mais sur mon paillasson, il y avait une autre enveloppe. Blanche. Froiss\u00e9e.<\/p>\n<p>Je la d\u00e9chirai. Une autre feuille de cahier. L&#8217;\u00e9criture \u00e9tait b\u00e2cl\u00e9e, macul\u00e9e.<\/p>\n<p>\u00ab Elle l&#8217;a enferm\u00e9 \u00e0 nouveau dans le noir. Je l&#8217;ai entendue dire : \u201cIl ne sortira pas cette fois.\u201d S&#8217;il vous pla\u00eet, aidez-nous. S&#8217;il vous pla\u00eet. \u00bb<\/p>\n<p>Ce n&#8217;\u00e9tait pas un soup\u00e7on. Ce n&#8217;\u00e9tait pas une intuition. C&#8217;\u00e9tait une condamnation \u00e0 mort.<\/p>\n<p>C&#8217;\u00e9tait maintenant.<\/p>\n<p>J&#8217;attrapai l&#8217;enveloppe que j&#8217;avais pr\u00e9par\u00e9e pour Miguel : les notes, les enregistrements, la premi\u00e8re lettre. J&#8217;ajoutai celle-ci en haut. Je n&#8217;appelai pas. Je conduisis.<\/p>\n<p>Je courus \u00e0 la gare, les mains tremblantes. Miguel me retrouva sur le parking arri\u00e8re. Il prit l&#8217;enveloppe et lut la nouvelle lettre. Sa m\u00e2choire se crispa. Un muscle s&#8217;agita.<\/p>\n<p>\u00ab \u00c7a y est \u00bb, dit-il doucement. \u00ab \u00c7a change tout. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Que se passe-t-il maintenant ? \u00bb soufflai-je.<\/p>\n<p>Miguel me regarda, le regard dur. \u00ab On entre. \u00bb<\/p>\n<p>La nuit tomba. Je restai immobile sur mon porche. La maison grise \u00e9tait plong\u00e9e dans l&#8217;obscurit\u00e9. Pas de lumi\u00e8re. Plus de vie.<\/p>\n<p>Puis je les entendis. Deux voitures banalis\u00e9es. Elles s&#8217;arr\u00eat\u00e8rent dans mon all\u00e9e. Miguel en sortit, pas en uniforme. Derri\u00e8re lui, un autre agent, Menddees. Et Mlle Benson, du CPS.<\/p>\n<p>\u00ab Tu n&#8217;es pas oblig\u00e9e d&#8217;\u00eatre ici, Rosa \u00bb, dit Miguel.<\/p>\n<p>\u00ab Moi si \u00bb, r\u00e9pondis-je.<\/p>\n<p>Nous travers\u00e2mes la pelouse. Menddees frappa, trois coups secs.<\/p>\n<p>Silence. Puis des pas. La lumi\u00e8re du porche s&#8217;alluma. La porte s&#8217;ouvrit.<\/p>\n<p>Chlo\u00e9. Ses cheveux \u00e9taient d\u00e9nou\u00e9s, son regard alerte. Trop alerte.<\/p>\n<p>\u00ab Oui ? \u00bb<\/p>\n<p>Miguel s&#8217;avan\u00e7a, badge sorti. \u00ab Madame, nous r\u00e9pondons \u00e0 un rapport concernant le bien-\u00eatre d&#8217;Owen et Ava Meyers. \u00bb<\/p>\n<p>Le sourire de Chlo\u00e9 se forma brusquement. \u00ab Mes enfants dorment. Il est tard. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Nous devons nous assurer qu&#8217;ils vont bien, Madame. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Je n&#8217;appr\u00e9cie pas\u2026 \u00bb<\/p>\n<p>Puis, sans pr\u00e9venir, une silhouette passa devant Chlo\u00e9. Une petite silhouette floue, rapide et pleurante.<\/p>\n<p>Ava.<\/p>\n<p>Elle courut pieds nus dans la nuit, le visage stri\u00e9 de larmes. \u00ab S&#8217;il vous pla\u00eet, emmenez-nous ! \u00bb sanglota-t-elle en attrapant le manteau de Mlle Benson. \u00ab S&#8217;il vous pla\u00eet, elle a encore enferm\u00e9 Owen dans le noir, et je l&#8217;ai entendu pleurer ! Elle l&#8217;a enferm\u00e9 dans le noir ! \u00bb<\/p>\n<p>Chlo\u00e9 se pr\u00e9cipita. \u00ab Esp\u00e8ce de petite morveuse ! \u00bb<\/p>\n<p>Miguel la bloqua. \u00ab Reculez, Madame ! \u00bb<\/p>\n<p>\u00c0 cet instant, alors que le chaos \u00e9clatait, je bougeai. Je traversai l&#8217;herbe en courant. Et juste derri\u00e8re la porte, je le vis.<\/p>\n<p>Owen. Pieds nus, en pyjama l\u00e9ger, agripp\u00e9 \u00e0 l&#8217;encadrement de la porte.<\/p>\n<p>Son regard a crois\u00e9 le mien.<\/p>\n<p>Et il s&#8217;est avanc\u00e9. Pas vers les policiers. Pas vers l&#8217;assistante sociale.<\/p>\n<p>Vers moi.<\/p>\n<p>Je suis tomb\u00e9e \u00e0 genoux dans l&#8217;herbe, les bras ouverts. Il a tr\u00e9buch\u00e9 contre ma poitrine, ses petits bras serr\u00e9s.<\/p>\n<p>Il me mordillait le cou, le souffle court et fr\u00e9n\u00e9tique. Il sentait la poussi\u00e8re et la peur.<\/p>\n<p>\u00ab Tu es venu \u00bb, murmura-t-il.<\/p>\n<p>\u00ab Je suis l\u00e0 maintenant \u00bb, sanglotai-je en le serrant dans mes bras. \u00ab Je suis l\u00e0. Tu es en s\u00e9curit\u00e9. \u00bb<\/p>\n<p>Derri\u00e8re nous, l&#8217;agent Menddees et Miguel \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur. Mlle Benson tenait Ava. Je les entendis avancer dans le couloir. J&#8217;entendis le cliquetis du m\u00e9tal. Le grincement sourd d&#8217;une porte qui s&#8217;ouvrait.<\/p>\n<p>Et m\u00eame depuis le porche, je le sentais. Une vague de froid montait de la maison. L&#8217;intensit\u00e9 de la peur, longtemps retenue entre les murs de b\u00e9ton.<\/p>\n<p>Miguel r\u00e9apparut quelques secondes plus tard. Son visage \u00e9tait un masque, durci par quelque chose que je n&#8217;avais jamais vu auparavant. Il s&#8217;agenouilla pr\u00e8s de moi.<\/p>\n<p>\u00ab Salut, mon pote \u00bb, dit-il \u00e0 Owen. \u00ab Je m&#8217;appelle Miguel. Je suis le fr\u00e8re de Rosa. \u00bb Il enroula une couverture de survie autour des \u00e9paules du gar\u00e7on. \u00ab Tu es en s\u00e9curit\u00e9 maintenant, d&#8217;accord ? Personne ne retourne jamais dans cet endroit. \u00bb<\/p>\n<p>Owen leva enfin les yeux. \u00ab\u00a0Va-t-elle\u2026 partir\u00a0?\u00bb<\/p>\n<p>Miguel le regarda droit dans les yeux. \u00ab\u00a0Oui.\u00bb<\/p>\n<p>Mlle Benson revint. Dans sa main gant\u00e9e, elle tenait une pagaie en bois, dont la surface \u00e9tait ternie par l\u2019usage, et perc\u00e9e de petits trous.<\/p>\n<p>J\u2019inspirai profond\u00e9ment.<\/p>\n<p>Elle n\u2019eut pas besoin de dire un mot.<\/p>\n<p>Je serrai simplement Owen dans mes bras, d\u00e9posant un baiser sur le sommet de sa t\u00eate, le respirant, me prouvant qu\u2019il \u00e9tait r\u00e9el, chaleureux et vivant. Pas seulement un murmure \u00e0 travers une cl\u00f4ture.<\/p>\n<p>Il \u00e9tait r\u00e9el.<\/p>\n<p>Trois mois plus tard, j\u2019\u00e9tais sur une balan\u00e7oire, un verre de limonade suintant \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de moi. J\u2019\u00e9tais au foyer d\u2019accueil des Alvarez, \u00e0 regarder Owen et Ava chasser les lucioles dans la p\u00e9nombre.<\/p>\n<p>Rires. Un rire vrai, simple.<\/p>\n<p>Owen courut vers moi, essouffl\u00e9, serrant contre lui un morceau de papier de bricolage pli\u00e9. \u00ab\u00a0C\u2019est moi qui l\u2019ai fait\u00a0\u00bb, dit-il, les yeux brillants.<\/p>\n<p>Je le d\u00e9pliai. Trois bonhommes allumettes, dessin\u00e9s au crayon. Une grande, avec des cheveux gris ondul\u00e9s. Une petite, souriante. Et une fille encore plus grande, avec de longs bras. Au-dessus d&#8217;elles, un grand soleil jaune.<\/p>\n<p>En bas, en lettres tordues, on pouvait lire\u00a0: \u00ab\u00a0Mon h\u00e9ro\u00efne.\u00bb<\/p>\n<p>J&#8217;ai eu le souffle coup\u00e9. \u00ab\u00a0Oh, mijo\u00a0\u00bb, ai-je dit d&#8217;une voix tremblante. \u00ab\u00a0J&#8217;adore.\u00bb<\/p>\n<p>Je l&#8217;ai serr\u00e9 dans mes bras, le papier froiss\u00e9 entre nous. Je ne me sentais pas h\u00e9ro\u00efne. Je n&#8217;avais rien fait de spectaculaire. J&#8217;avais juste \u00e9cout\u00e9. J&#8217;avais juste cru.<\/p>\n<p>Mais c&#8217;est peut-\u00eatre l\u00e0 que r\u00e9side l&#8217;h\u00e9ro\u00efsme. Pas dans les grands gestes. Mais dans ces moments silencieux et angoissants o\u00f9 quelqu&#8217;un choisit de ne pas d\u00e9tourner le regard. Quand il entend un murmure et refuse que ce soit la fin de l&#8217;histoire.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les g\u00e9missements ne se sont pas fait entendre\u00a0; ils ont d\u00e9chir\u00e9 le silence de 1\u00a0heure du matin, un son si violent qu\u2019il semblait d\u00e9chirer la qui\u00e9tude du quartier. Des lumi\u00e8res rouges et bleues, saccad\u00e9es et fr\u00e9n\u00e9tiques, fendent les fa\u00e7ades p\u00e2les des maisons, chassant des ombres qui dansent comme des d\u00e9mons sur les stores bris\u00e9s de [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":6946,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"inline_featured_image":false,"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-6945","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","","category-1"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v23.7 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Sa voix \u00e9tait un murmure \u00e0 peine audible. Ses paroles gla\u00e7aient le sang de son voisin. 48 heures plus tard, la police d\u00e9fon\u00e7ait la porte. - MediaPast.am<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/mediapast.am\/?p=6945\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"ru_RU\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Sa voix \u00e9tait un murmure \u00e0 peine audible. Ses paroles gla\u00e7aient le sang de son voisin. 48 heures plus tard, la police d\u00e9fon\u00e7ait la porte. - MediaPast.am\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Les g\u00e9missements ne se sont pas fait entendre\u00a0; ils ont d\u00e9chir\u00e9 le silence de 1\u00a0heure du matin, un son si violent qu\u2019il semblait d\u00e9chirer la qui\u00e9tude du quartier. Des lumi\u00e8res rouges et bleues, saccad\u00e9es et fr\u00e9n\u00e9tiques, fendent les fa\u00e7ades p\u00e2les des maisons, chassant des ombres qui dansent comme des d\u00e9mons sur les stores bris\u00e9s de [&hellip;]\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/mediapast.am\/?p=6945\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"MediaPast.am\" \/>\n<meta property=\"article:published_time\" content=\"2025-10-28T12:31:21+00:00\" \/>\n<meta property=\"og:image\" content=\"https:\/\/mediapast.am\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/\u0421\u043d\u0438\u043c\u043e\u043a-\u044d\u043a\u0440\u0430\u043d\u0430-2025-10-28-163013.png\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:width\" content=\"697\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:height\" content=\"553\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:type\" content=\"image\/png\" \/>\n<meta name=\"author\" content=\"admin\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"\u041d\u0430\u043f\u0438\u0441\u0430\u043d\u043e \u0430\u0432\u0442\u043e\u0440\u043e\u043c\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"admin\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:label2\" content=\"\u041f\u0440\u0438\u043c\u0435\u0440\u043d\u043e\u0435 \u0432\u0440\u0435\u043c\u044f \u0434\u043b\u044f \u0447\u0442\u0435\u043d\u0438\u044f\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data2\" content=\"17 \u043c\u0438\u043d\u0443\u0442\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\/\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\/\/mediapast.am\/?p=6945\",\"url\":\"https:\/\/mediapast.am\/?p=6945\",\"name\":\"Sa voix \u00e9tait un murmure \u00e0 peine audible. Ses paroles gla\u00e7aient le sang de son voisin. 48 heures plus tard, la police d\u00e9fon\u00e7ait la porte. - MediaPast.am\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/mediapast.am\/#website\"},\"primaryImageOfPage\":{\"@id\":\"https:\/\/mediapast.am\/?p=6945#primaryimage\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\/\/mediapast.am\/?p=6945#primaryimage\"},\"thumbnailUrl\":\"https:\/\/mediapast.am\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/\u0421\u043d\u0438\u043c\u043e\u043a-\u044d\u043a\u0440\u0430\u043d\u0430-2025-10-28-163013.png\",\"datePublished\":\"2025-10-28T12:31:21+00:00\",\"dateModified\":\"2025-10-28T12:31:21+00:00\",\"author\":{\"@id\":\"https:\/\/mediapast.am\/#\/schema\/person\/21d1d2ab6ead53843e98dac9c026ce3b\"},\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\/\/mediapast.am\/?p=6945#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"ru-RU\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\/\/mediapast.am\/?p=6945\"]}]},{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"ru-RU\",\"@id\":\"https:\/\/mediapast.am\/?p=6945#primaryimage\",\"url\":\"https:\/\/mediapast.am\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/\u0421\u043d\u0438\u043c\u043e\u043a-\u044d\u043a\u0440\u0430\u043d\u0430-2025-10-28-163013.png\",\"contentUrl\":\"https:\/\/mediapast.am\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/\u0421\u043d\u0438\u043c\u043e\u043a-\u044d\u043a\u0440\u0430\u043d\u0430-2025-10-28-163013.png\",\"width\":697,\"height\":553},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\/\/mediapast.am\/?p=6945#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"\u0413\u043b\u0430\u0432\u043d\u0430\u044f \u0441\u0442\u0440\u0430\u043d\u0438\u0446\u0430\",\"item\":\"https:\/\/mediapast.am\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"Sa voix \u00e9tait un murmure \u00e0 peine audible. Ses paroles gla\u00e7aient le sang de son voisin. 48 heures plus tard, la police d\u00e9fon\u00e7ait la porte.\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\/\/mediapast.am\/#website\",\"url\":\"https:\/\/mediapast.am\/\",\"name\":\"MediaPast.am\",\"description\":\"\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\/\/mediapast.am\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"ru-RU\"},{\"@type\":\"Person\",\"@id\":\"https:\/\/mediapast.am\/#\/schema\/person\/21d1d2ab6ead53843e98dac9c026ce3b\",\"name\":\"admin\",\"image\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"ru-RU\",\"@id\":\"https:\/\/mediapast.am\/#\/schema\/person\/image\/\",\"url\":\"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/33bf6e6e13725f8b5d5c45e3d055fa53?s=96&d=mm&r=g\",\"contentUrl\":\"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/33bf6e6e13725f8b5d5c45e3d055fa53?s=96&d=mm&r=g\",\"caption\":\"admin\"},\"sameAs\":[\"http:\/\/mediapast.am\"],\"url\":\"https:\/\/mediapast.am\/?author=1\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Sa voix \u00e9tait un murmure \u00e0 peine audible. Ses paroles gla\u00e7aient le sang de son voisin. 48 heures plus tard, la police d\u00e9fon\u00e7ait la porte. - MediaPast.am","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/mediapast.am\/?p=6945","og_locale":"ru_RU","og_type":"article","og_title":"Sa voix \u00e9tait un murmure \u00e0 peine audible. Ses paroles gla\u00e7aient le sang de son voisin. 48 heures plus tard, la police d\u00e9fon\u00e7ait la porte. - MediaPast.am","og_description":"Les g\u00e9missements ne se sont pas fait entendre\u00a0; ils ont d\u00e9chir\u00e9 le silence de 1\u00a0heure du matin, un son si violent qu\u2019il semblait d\u00e9chirer la qui\u00e9tude du quartier. Des lumi\u00e8res rouges et bleues, saccad\u00e9es et fr\u00e9n\u00e9tiques, fendent les fa\u00e7ades p\u00e2les des maisons, chassant des ombres qui dansent comme des d\u00e9mons sur les stores bris\u00e9s de [&hellip;]","og_url":"https:\/\/mediapast.am\/?p=6945","og_site_name":"MediaPast.am","article_published_time":"2025-10-28T12:31:21+00:00","og_image":[{"width":697,"height":553,"url":"https:\/\/mediapast.am\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/\u0421\u043d\u0438\u043c\u043e\u043a-\u044d\u043a\u0440\u0430\u043d\u0430-2025-10-28-163013.png","type":"image\/png"}],"author":"admin","twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"\u041d\u0430\u043f\u0438\u0441\u0430\u043d\u043e \u0430\u0432\u0442\u043e\u0440\u043e\u043c":"admin","\u041f\u0440\u0438\u043c\u0435\u0440\u043d\u043e\u0435 \u0432\u0440\u0435\u043c\u044f \u0434\u043b\u044f \u0447\u0442\u0435\u043d\u0438\u044f":"17 \u043c\u0438\u043d\u0443\u0442"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/mediapast.am\/?p=6945","url":"https:\/\/mediapast.am\/?p=6945","name":"Sa voix \u00e9tait un murmure \u00e0 peine audible. Ses paroles gla\u00e7aient le sang de son voisin. 48 heures plus tard, la police d\u00e9fon\u00e7ait la porte. - MediaPast.am","isPartOf":{"@id":"https:\/\/mediapast.am\/#website"},"primaryImageOfPage":{"@id":"https:\/\/mediapast.am\/?p=6945#primaryimage"},"image":{"@id":"https:\/\/mediapast.am\/?p=6945#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https:\/\/mediapast.am\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/\u0421\u043d\u0438\u043c\u043e\u043a-\u044d\u043a\u0440\u0430\u043d\u0430-2025-10-28-163013.png","datePublished":"2025-10-28T12:31:21+00:00","dateModified":"2025-10-28T12:31:21+00:00","author":{"@id":"https:\/\/mediapast.am\/#\/schema\/person\/21d1d2ab6ead53843e98dac9c026ce3b"},"breadcrumb":{"@id":"https:\/\/mediapast.am\/?p=6945#breadcrumb"},"inLanguage":"ru-RU","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/mediapast.am\/?p=6945"]}]},{"@type":"ImageObject","inLanguage":"ru-RU","@id":"https:\/\/mediapast.am\/?p=6945#primaryimage","url":"https:\/\/mediapast.am\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/\u0421\u043d\u0438\u043c\u043e\u043a-\u044d\u043a\u0440\u0430\u043d\u0430-2025-10-28-163013.png","contentUrl":"https:\/\/mediapast.am\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/\u0421\u043d\u0438\u043c\u043e\u043a-\u044d\u043a\u0440\u0430\u043d\u0430-2025-10-28-163013.png","width":697,"height":553},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/mediapast.am\/?p=6945#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"\u0413\u043b\u0430\u0432\u043d\u0430\u044f \u0441\u0442\u0440\u0430\u043d\u0438\u0446\u0430","item":"https:\/\/mediapast.am\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Sa voix \u00e9tait un murmure \u00e0 peine audible. Ses paroles gla\u00e7aient le sang de son voisin. 48 heures plus tard, la police d\u00e9fon\u00e7ait la porte."}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/mediapast.am\/#website","url":"https:\/\/mediapast.am\/","name":"MediaPast.am","description":"","potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/mediapast.am\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"ru-RU"},{"@type":"Person","@id":"https:\/\/mediapast.am\/#\/schema\/person\/21d1d2ab6ead53843e98dac9c026ce3b","name":"admin","image":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"ru-RU","@id":"https:\/\/mediapast.am\/#\/schema\/person\/image\/","url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/33bf6e6e13725f8b5d5c45e3d055fa53?s=96&d=mm&r=g","contentUrl":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/33bf6e6e13725f8b5d5c45e3d055fa53?s=96&d=mm&r=g","caption":"admin"},"sameAs":["http:\/\/mediapast.am"],"url":"https:\/\/mediapast.am\/?author=1"}]}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mediapast.am\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6945"}],"collection":[{"href":"https:\/\/mediapast.am\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/mediapast.am\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mediapast.am\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mediapast.am\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=6945"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/mediapast.am\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6945\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6947,"href":"https:\/\/mediapast.am\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6945\/revisions\/6947"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mediapast.am\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/6946"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mediapast.am\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=6945"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/mediapast.am\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=6945"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/mediapast.am\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=6945"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}